Visible depuis l’autoroute A62 entre Bordeaux et Toulouse, la façade du Château d’Eyran attire désormais le regard des voyageurs. Sur le grand mur du nouveau chai de stockage, une fresque monumentale signée Julie Savigneux fait vibrer la pierre et la chaux d’une énergie nouvelle.
À la fois hommage à l’histoire du vin et célébration de l’art de vivre, cette œuvre relie les racines antiques de la vigne aux paysages vivants du présent.
Une scène hors du temps
Inspirée des fêtes en l’honneur de Dionysos, dieu du vin, de l’art et de la fête, la fresque met en scène nymphes et ménades, divinités de la nature et adoratrices du dieu. C’est une scène d’art de vivre hors du temps, où la nature, la lumière et la fête se rejoignent dans une danse libre.
Les nymphes, gardiennes des sources, portent amphores et roseaux. Les ménades, plus fougueuses, célèbrent la joie et les plaisirs terrestres.
Et parmi elles, des déesses un peu guerrières, un félin symbolique de Dionysos, un masque caché dans le lierre et Ariane endormie, coiffée de feuilles de vigne, témoignent d’un imaginaire foisonnant.
Un dialogue entre l’antique et le contemporain
Julie Savigneux s’est inspirée de deux magnifiques sarcophages romains du IIIᵉ siècle, découverts à Saint-Médard-d’Eyrans et aujourd’hui exposés au musée du Louvre. Les scènes mythologiques qu’on y retrouve racontent les plaisirs champêtres, la rencontre de Dionysos et d’Ariane, ainsi que le sommeil d’Endymion, symbole de bonheur éternel.
En revisitant ces thèmes, l’artiste propose une lecture libre et actuelle de la mythologie : ici, le vin devient lien entre la terre, la fête et la création.
Le chai : modernité et respect du vivant
Le bâtiment lui-même, conçu par l’architecte Sylvain Dubuisson, s’intègre harmonieusement dans le paysage. Semi-enterré, bâti en pierre volcanique et recouvert d’un mélange chaux-chanvre, il conjugue esthétique, performance thermique et durabilité.
Sur sa toiture, des panneaux photovoltaïques produisent l’électricité nécessaire à l’exploitation : un geste concret vers une viticulture plus responsable.
Une création sur mesure
Une fois l’œuvre imaginée et les formes esquissées, vient le temps de la réalisation. Fidèle à l’esprit du Château d’Eyran, c’est une aventure menée dans la convivialité et le partage. Julie Savigneux conçoit les pochoirs, puis famille et équipe du domaine unissent leurs efforts. Peintures, pigments ocres, verts ou bleus, pinceaux et patience : peu à peu, la fresque prend forme et s’anime sur la pierre.
Et l’étape finale : la pose des lettres en métal, rétroéclairées, qui signent le chai d’une présence élégante et reconnaissable, aussi visible de jour que de nuit.






Un repère sur la route et dans le temps
Pour les voyageurs filant sur l’autoroute, la fresque n’est pas qu’un décor : c’est un repère, une halte visuelle entre ciel et vigne, un signe d’appartenance au territoire.
Et pour beaucoup, c’est aussi le moyen de situer le chai et le Château d’Eyran, de mettre enfin une image sur un nom.
La fresque décryptée






Derrière cette œuvre, il y a la main d’une artiste et la force d’une histoire viticole riche : un geste à la fois sincère et durable, qui inscrit le Chai du Château d’Eyran dans son paysage et dans son temps.


