Eh bien, vous m’en direz tant,
Mercredi soir, vous recevez du monde chez vous inopinément, l’un ramène le plat, l’autre le dessert et pour vous c’est le vin. Bingo c’est votre moment de briller mais sans se la raconter ou raconter des salades !
Par conséquent, vous vous remémorez ces gens au restaurant. Ils prennent une gorgée de vin, ferment les yeux, hochent la tête et déclarent avec assurance:
“Ah oui… très belle expression, un joli nez sur le cuir et la prune confite”
Tandis que pour vous:
“Moi, j’allais dire… du vin rouge ?”
Et bien pas de stress, il faut juste laisser parler ses sens, choisir son équipement et enfin parler et agir comme un professionnel mais sans le costume ! Un vrai défi mais vous en avez les capacités.
Pas de miracle, sans bons outils. Commençons par choisir le bon équipement.

Ainsi, les gobelets en carton, c’est pratique pour les pique-niques, un peu moins pour la dégustation.
En effet, il est conseillé d’utiliser le bon type de verre pour le bon type de vin. Le verre universel est idéal puisqu’il convient à tout type de vin. Avec une capacité d’environ 40 cl et une forme en tulipe, il accueille aussi bien les vins rouges, rosés que blancs. Ici le bord est assez ouvert pour étaler le vin sur toute la langue donc parfait pour votre repas de ce soir !
De plus, le vin doit être choisi en fonction du repas pour en sublimer les saveurs. Il est donc essentiel de connaître les accords qui le mettent le mieux en valeur. Ainsi, nous ne pouvons que vous conseiller de vous rendre au plus vite chez le caviste ou le vigneron le plus proche de chez vous pour bénéficier de ses bons plans et conseils personnalisés. Une fois cette bouteille en main, faut-il encore savoir quoi en faire et voici pour vous en exclusivité deux conseils à ne pas négliger !
Bien servir son vin : entre bonne température et besoin d’air, il a ses exigences (et il n’a pas tort).
Un vin servi à la mauvaise température, c’est un peu comme boire sans verre et pour vous voici un petit pense-bête utile :
Vous servez un rouge structuré et intense ? Optez pour une température de service entre 16 et 18°C afin de révéler sa puissance tannique et sa complexité aromatique.
Un rouge élégant et sur le fruit au programme ? Entre 14 et 16°C, il exprimera toute sa fraîcheur et sa finesse.
Vous débouchez un blanc de garde ou un champagne de prestige ? Servez-le entre 11 et 13°C pour en sublimer la texture et la précision aromatique.
Pour un vin moelleux, un rosé délicat ou un blanc vif et fruité ? Une température de 8 à 11°C garantit une expression optimale de leur fraîcheur et de leur vivacité.

Certains vins surtout les rouges jeunes ou costauds/intenses méritent un peu d’aération. Ouvrez la bouteille un peu à l’avance, ou encore mieux : carafez-la. Mais pas avec n’importe quoi, en effet, la carafe d’aération, c’est un peu comme une séance de yoga express pour votre vin. Elle lui permet de s’ouvrir, de s’exprimer, de se révéler, comme vous après un café du matin. Les arômes prennent de l’ampleur, les tanins se détendent, et le vin (et vos convives) vous dit merci.
Mais je vous apporte une petite précision : si vous avez un vieux vin vous avez de la chance , dans ce cas là, il est très important de le traiter avec soin, vous possédez un véritable trésor entre vos mains !
La décantation n’est pas toujours nécessaire et automatique pour un vieux vin. Puisqu’en effet, la décantation devient essentielle seulement en cas de présence de dépôt dans votre vin. Pour plus de détails et de conseils sur la dégustation je vous invite à découvrir notre article de blog ou vous trouverez toutes les informations détaillées à ce sujet.
Voir, sentir, goûter : la dégustation du vin à travers les sens.

Passons à l’étape suivante, une fois votre vin servi, commencez avec les yeux. Avant de sentir ou goûter, observez votre vin. Regardez sa robe, sa couleur, son intensité.
Un vin rouge jeune aura souvent des nuances violacées, tandis qu’un vin plus évolué tirera vers l’orangé témoignant de son vieillissement. C’est comme s’il avait troqué ses baskets pour des mocassins en cuir. Classe et posé..
De même, la couleur d’un vin blanc varie en fonction de son caractère : un blanc sec affichera une teinte jaune pâle pour lui pas besoin d’en faire des tonnes pour briller ! Tandis qu’un vin liquoreux prendra une couleur plus dorée, signe de sa concentration et de sa richesse.
Enfin, la provenance joue également un rôle important dans l’intensité des couleurs : un rosé de Bordeaux, par exemple, aura généralement une couleur plus profonde et intense un peu comme quelqu’un qui arrive à l’apéro en chemise flashy alors qu’un rosé de Provence, lui, tend à être plus pâle et délicat.
Faites ensuite tourner doucement le vin dans le verre. Oui, comme dans les films. Cela permet d’observer ce qu’on appelle les larmes ou jambes, ces petites gouttes qui glissent le long des parois. Elles donnent un indice sur la richesse en alcool ou en sucre.
Maintenant que vos yeux ont fait connaissance avec ce nectar, passez à l’étape olfactive.
Approchez doucement le verre de votre nez, sans plonger dedans (on garde un peu de dignité), puis inspirez tranquillement.
Faites ensuite tourner légèrement le vin, histoire de réveiller les arômes et qu’ils puissent s’ouvrir franchement. Vous pouvez sentir : des fruits, des fleurs, des épices, du bois, de la vanille, du tabac… Il n’y a pas de bonne ou mauvaise réponse. Juste votre ressenti.
Il est temps de passer aux choses sérieuses, c’est le moment de déguster !
Prenez une petite gorgée, puis grumez le vin, faites-le circuler doucement dans la bouche. N’hésitez pas à mâcher le vin comme on mâche un steak de bœuf, cela permettra à votre vin de s’exprimer pleinement et donc à vous de percevoir toutes ses saveurs . Vous avez peut-être l’air un peu concentré, mais vos papilles, bossent à fond.
Cracher, Avaler… Savourer : Le Plaisir Avant Tout !
Et oui, en effet à la question faut t’il cracher ou avaler, la réponse est simple : ça dépend. En règle générale on avale le vin si vous êtes à un dîner ou une soirée, mais attention l’abus d’alcool est dangereux pour la santé, il faut boire avec modération !
A contrario, si vous êtes dans un salon de vigneron, une table de dégustation ou sur une route des vins, en théorie, on crache. En réalité, cela est même recommandé lorsqu’on participe à plusieurs dégustations, car cela permet de profiter pleinement du moment, d’éviter que l’alcool n’aille à la tête et surtout de ne pas saturer les papilles.
Mais dans la réalité, disons que la théorie prend souvent l’eau dès le deuxième verre, au fil des années, de nombreux verres ont mystérieusement disparu dans les bouches.
Vous avez dès à présent toutes les bases pour déguster comme un professionnel, plus qu’à vous lancer ! Il ne vous reste plus qu’à briller en soirée, verre à la main et vocabulaire en bouche !
Mais surtout n’oubliez pas: le plus important, c’est de prendre du plaisir !


