Nous retrouvons Charles Savigneux, vigneron passionné du Château d’Eyran, dans les chais du domaine, juste après la fin des vendanges. Les grappes ont quitté les rangs, les cuves se remplissent et l’air embaume déjà des premiers arômes du millésime. L’enthousiasme de Charles est palpable.
Bonjour Charles, maintenant que les vendanges sont terminées, comment décrirais-tu le millésime 2025 en un mot ?

« Bonjour !
Je dirais… presque simple, mais dans le bon sens du terme ! Toute l’année, la vigne a été choyée : aucun gel au printemps, un soleil généreux tout au long de la saison, entraînant certes une période de sécheresse estivale, mais heureusement sans dégâts pour nos parcelles. Résultat : une très belle maturité physiologique des raisins. Et pour parfaire, juste ce qu’il fallait de pluie pour maintenir les sols vivants. Tout cela a rendu notre travail plus serein que certaines années. Les vendanges se sont déroulées sans stress, avec de belles quantités et une qualité remarquable. Les raisins étaient sains, la vigne équilibrée… Quel plaisir après des millésimes plus compliqués ! »
Un millésime sous le signe de l’harmonie
« Comme je disais, le printemps a été doux et l’été chaud, mais ponctué de pluies bienvenues », explique Charles en parcourant les cuves. « Cela a permis une maturation lente et régulière, avec une belle justesse entre sucres et acidité. Tout laisse présager de très grands vins élégants, concentrés et harmonieux. »
Les défis de la récolte
« Le vrai défi, au-delà du climat, qui ne dépend pas de nous, reste toujours la date des vendanges », poursuit-il. « C’est un choix décisif. Cette année, il a fallu anticiper la pluie annoncée début septembre sur certaines jeunes parcelles fragiles, afin de cueillir au moment optimal et préserver la qualité. »
Des raisins prometteurs
En observant les premiers jus, Charles semble ravi : « La maturation a été excellente, tant sur le plan phénolique qu’aromatique. Les blancs se révèlent frais et expressifs, les rouges colorés, concentrés et structurés. »
Le déroulé de la récolte

« Nous avons commencé le 28 août avec de jeunes parcelles de blancs, récoltées avant la pluie. Le reste des blancs a suivi les 4 et 5 septembre. Pour les rouges, les vendanges ont débuté le 15 septembre : d’abord à Auros, chez mon père, pour le Château Bastian, puis à Saint-Médard d’Eyrans pour le Château d’Eyran et Haut l’Artigue. Huit jours intenses au total ! »
Tradition et travail manuel
« Tout est cueilli à la main », précise Charles. « Chaque grappe est sélectionnée et transportée rapidement au chai pour préserver fraîcheur et arômes. Nos vendanges et vinifications restent très traditionnelles. »
Avant d’ajouter avec un sourire : « Une de nos particularités, c’est les vendanges familiales. Chaque dernier week-end de septembre, nous réunissons famille et amis proches pour un moment convivial, mêlant travail et échanges. C’est pour ces moments-là que nous travaillons toute l’année : produire des vins qui rassemblent et se partagent, tout en transmettant notre passion.»

Une équipe fidèle
La récolte mobilise environ 35 vendangeurs, en plus de l’équipe permanente de quatre personnes. « Leur fidélité et leur savoir-faire sont précieux. Grâce à eux, nous pouvons avancer sereinement, en respectant chaque parcelle et chaque cépage. »
Ambiance et émotions
« L’ambiance est joyeuse et parfois musicale dans les rangs, plus concentrée et un peu stressante dans les chais, mais toujours empreinte d’émerveillement », confie Charles.
Espoirs pour le millésime
« Nous goûtons déjà des jus très aromatiques, denses et équilibrés », conclut-il. « Les jeunes parcelles apportent finesse et fraîcheur, les vieilles apportent structure et complexité. L’assemblage devrait donner un vin riche, typique de notre terroir de Pessac-Léognan. Après des années plus difficiles, c’est une belle récompense d’obtenir un millésime généreux et de grande qualité. Nous avons hâte de le voir évoluer en cave… et surtout de le partager avec ceux qui apprécient notre travail et nos cuvées. »


